Ne jetons pas le bébé avec l’eau du bain

La plume politique 4/2017
01.04.2017
Bébé

Certains ont certainement eu le souffle coupé en découvrant dans leur boîte de réception le train d’ordonnances relatives à la Stratégie énergétique 2050.

Rien qu’au vu du paquet de 140 pages, les ordonnances ne présagent rien de bon. Un examen plus approfondi des paragraphes le confirme : de précieux acquis obtenus lors des débats parlementaires menacent d’être purement et simplement anéantis. Le retour en arrière le plus frappant touche la tarification du réseau, dans laquelle la composante de puissance est affaiblie au lieu d’être renforcée. Rien de réjouissant non plus au niveau des propositions sur la rétribution de l’énergie réinjectée et sur la consommation propre, de même que sur les prescriptions irréalistes concernant la mesure des dispositifs de stockage et l’absence de délais transitoires.

«L’AES est toutefois convaincue qu’un rejet de cette dernière n’apporterait rien puisque des changements quant à la consommation propre et aux smart grids font l’objet d’une volonté politique claire. »

La tentation est grande de se débarrasser une bonne fois pour toutes de ce monstre bureaucratique et de faire échouer dans les urnes l’ensemble de la Stratégie énergétique 2050. L’AES est toutefois convaincue qu’un rejet de cette dernière n’apporterait rien puisque des changements quant à la consommation propre et aux smart grids font l’objet d’une volonté politique claire. Tôt ou tard, notre branche y sera donc de toute façon confrontée. Si l’on considère l’ensemble du projet, on se rend compte que des améliorations substantielles seraient sacrifiées par la même occasion, par exemple en ce qui concerne les instruments d’encouragement, le soutien à l’hydraulique et l’accélération des procédures pour les réseaux électriques. Et comme si ça ne suffisait pas: en cas de rejet, les autorités se verraient d’autant plus contraintes de procéder à la grande révision de la LApEl, non souhaitée par notre branche. Sans compter que les thèmes pressants que sont la sécurité d’approvisionnement, les modèles de marché et la Stratégie Réseaux électriques passeraient au secondplan.

C’est pourquoi l’AES réitère clairement son soutien à la Stratégie énergétique 2050. En même temps, elle insiste pour que les ordonnances soient corrigées. La voix de l’AES pèsera d’autant plus si la branche est unie et qu’elle s’engage avec toute son énergie pour que le cadre établi par le Parlement soit respecté. L’AES veut maintenant regarder vers l’avant, et non revenir à la case départ. Elle en est convaincue : faire échouer la Stratégie énergétique 2050 reviendrait à jeter le bébé avec l’eau du bain.

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La plume politique

À la rubrique «La plume politique» du magazine de la branche Bulletin, Dominique Martin, Responsable Affaires publiques à l’AES, publie régulièrement ses commentaires et ses appréciations sur des thèmes de politique énergétique.