L’AES publie la teneur actuelle en CO₂ du mix électrique suisse et des prévisions jusqu’en 2050

19.01.2026
Face à l’importance croissante du reporting ESG, les entreprises d’approvisionnement en énergie (EAE) sont confrontées au défi de recenser leurs émissions de gaz à effet de serre de manière cohérente, transparente et traçable. L’AES calcule la teneur en CO₂ du mix électrique suisse et met ainsi à disposition des entreprises une base de données actuelle et robuste pour l’établissement de leur bilan de gaz à effet de serre.

La teneur en CO₂ du mix électrique suisse a augmenté en 2025 en raison des conditions météorologiques

La teneur en CO₂ de l’électricité réellement consommée en Suisse – autrement dit, celle « à la prise » – est fortement influencée par le volume et la composition des importations d’électricité en provenance des pays voisins. À l’inverse, la production nationale d’électricité génère des émissions de CO₂ nettement plus faibles, notamment grâce à la part élevée de l’hydroélectricité et de l’énergie nucléaire, ainsi qu’au développement continu du photovoltaïque. L’analyse de la période 2016–2025 montre globalement une tendance à la baisse de la teneur en CO₂ du mix électrique suisse. Les principaux moteurs de cette évolution sont la diminution du recours aux énergies fossiles dans les pays voisins et le développement progressif des énergies renouvelables en Suisse et à l’étranger.

La teneur en CO₂ du mix électrique suisse est toutefois sujette à des fluctuations annuelles. En 2025, elle est passée à 90 gCO₂eq/kWh, soit un niveau nettement supérieur à celui de 57 gCO₂eq/kWh enregistré en 2024. Cette hausse s’explique par un besoin accru d’importations, notamment en raison de niveaux historiquement bas des bassins d’accumulation suisses au printemps. L’électricité importée supplémentaire provenait majoritairement de centrales à gaz, la production d’électricité issue des énergies renouvelables (éolien et hydraulique) ayant été plus faible en Allemagne en 2025 que les années précédentes.

Le graphique ci-dessous illustre l’évolution des émissions de gaz à effet de serre du mix électrique consommé en Suisse sur la période 2016–2025:

Evolution émissions de gaz à effet de serre du mix électrique consommé en Suisse sur la période 2016–2025

Les prévisions jusqu’en 2050 confirment la baisse continue de la teneur en CO₂ du mix électrique suisse

Dans le cadre de l’étude « Avenir Energétique 2050 », l’AES a modélisé l’évolution future de la teneur en CO₂ du mix électrique consommé en Suisse jusqu’en 2050. Les résultats montrent que, sur la période considérée, la teneur en CO₂ devrait presque être divisée par deux, passant d’environ 78 à 46 gCO₂eq/kWh. Cette évolution souligne la décarbonisation à long terme de l’approvisionnement en électricité. Le graphique suivant présente la diminution projetée de la teneur en CO₂ du mix électrique suisse jusqu’en 2050:

diminution projetée de la teneur en CO₂ du mix électrique suisse jusqu’en 2050

La majeure partie des émissions de gaz à effet de serre en 2050 relèvera du Scope 3, c’est-à-dire des émissions en amont. Celles-ci comprennent notamment les émissions de CO₂ liées à la fabrication et au transport des modules photovoltaïques vers l’Europe et la Suisse. L’augmentation temporaire des émissions de gaz à effet de serre autour de 2040 s’explique par des importations d’électricité supplémentaires rendues nécessaires par la mise hors service de la centrale nucléaire de Gösgen. Par ailleurs, le modèle « Avenir Energétique 2050 » de l’AES part du principe que, afin de garantir la sécurité d’approvisionnement durant le semestre d’hiver, des centrales à gaz devront être utilisées comme production complémentaire. Les émissions directes restantes de CO₂ (Scopes 1 et 2) de la production d’électricité suisse en 2050 proviendront ainsi principalement de centrales à gaz fonctionnant avec des combustibles fossiles.

Méthode de calcul de la teneur en CO₂ de l’électricité

L’AES calcule la teneur en CO₂ de l’électricité effectivement consommée en Suisse, soit le mix électrique des consommateurs (« électricité ab Steckdose »). Le calcul de la teneur historique en CO₂ repose sur des données horaires publiques relatives à la production nationale d’électricité et intègre en outre les échanges commerciaux d’électricité (importations et exportations). Cette approche permet de déterminer de manière réaliste la teneur en CO₂ du mix de consommation effectif. Le calcul prend en compte à la fois les émissions directes (Scope 1) et les émissions en amont liées à la production d’électricité (Scope 3).

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