Un appel à la mixité dans le domaine technique

07.12.2023
En tant que responsable de projets en énergies renouvelables, Parmisse Jacot-Descombes apprécie un travail diversifié et innovant. Mère de deux filles de 7 et 9 ans, elle se rend compte qu’il reste du chemin à faire pour motiver les femmes aux métiers techniques. C’est pourtant le bon moment aujourd’hui.
Parmisse Jacot-Descombes

Lorsque l’on rencontre Parmisse Jacot-Descombes et que l’on écoute son parcours, on peut être impressionné autant par ses connaissances approfondies dans le domaine technique que par le fait que, finalement, elle semble être une femme comme les autres. Comme elle le souligne elle-même, il y a un problème culturel en Suisse. Alors qu’il est clair pour tout le monde que les femmes et les hommes sont égaux, une grande partie de la population (femme ou homme) est étonnée par le fait qu’une femme soit ingénieure, physicienne ou maçonne. Il est temps, selon elle, d’ôter le regard genré sur les métiers.

Parmisse Jacot-Descombes a grandi en Iran, où elle a obtenu une licence en physique. Son père était ingénieur civil et sa mère professeure de yoga. Ils l’ont poussée à choisir son métier en fonction de ses affinités et c’est ce qu’elle a fait pendant toute sa carrière.

Au départ, elle hésite longuement sur la voie à suivre car elle se passionne pour de nombreuses disciplines. Après avoir étudié la science des matériaux, elle s’intéresse aux énergies renouvelables et obtient un master dans ce domaine à l’université de Nantes. Ses études lui font découvrir la Suisse : elle postule pour stage en entreprise chez Soltis (France) et arrive à Lausanne, où elle travaille en tant qu’assistante de projets dans le parc solaire de la Romande Energie et de l’EPFL.

Le secteur lui plait et elle décide de se perfectionner avec un master en management de projets. Elle approfondit alors son savoir dans le domaine contractuel : appels d’offres sur le marché public, établissement de contrats, gestion de chantiers, etc. Comme travail de master, elle met en place un système ERP pour la gestion d’entreprise chez Sunergic à Vevey. Elle reste dans cette entreprise et en profite pour développer ses connaissances dans les projets photovoltaïques.

Women in Power

Dans son article d’opinion du 8 mars – la Journée internationale des droits des femmes –, Nadine Brauchli, responsable Énergie à l’AES et membre de la Direction, avait appelé les femmes à se jeter à l’eau dans la branche de l’énergie. Sous le titre «Women in Power», l’AES présente, dans une série épisodique, des femmes qui n’ont plus besoin de répondre à cet appel, tant elles se sont déjà jetées à l’eau et ont réussi, travaillant dans les domaines les plus divers du monde de l’énergie.

Son parcours l’emmène ensuite à Berlin, où elle travaille dans l’éolien et dans les installations solaires au sol. Elle y apprécie notamment une autre culture, où le genre n’a pas d’importance. « En Allemagne, on n’est d’abord ingénieur. Femme ou homme c’est égal. C’est différent et c’est quelque chose que j’ai énormément apprécié. Le congé parental met les hommes et les femmes au même niveau et la vie familiale n’est pas un frein à la carrière. »

De retour à Lausanne, elle devient responsable de projets chez SI-REN, un travail qu’elle apprécie énormément en raison des tâches diversifiées qui l’occupent. En tant que responsable de projets, elle les gère de A à Z : financement, autorisations, veille technologique et réglementaire et bien entendu contrôles techniques.

Elle aime son travail, ses collègues et le domaine de l’énergie. Elle espère que son parcours motivera d’autres femmes à suivre la même voie :

« L’énergie est une branche qui bouge beaucoup, tant dans le secteur technique que dans le domaine politique. Le travail évolue chaque jour et on apprend en travaillant. Le travail est varié et pas répétitif. J’espère vraiment que cela motivera d’autres femmes à y faire carrière. »