Protection des oiseaux : pour une approche pragmatique et proportionnelle

Comment les oiseaux peuvent-ils être mieux protégés du danger représenté par les lignes électriques ? Une approche ciblée et mesurée est nécessaire. L’AES répond aux propositions mises en consultation par la Confédération.
02.07.2020

L’AES soutient les efforts pour conserver la biodiversité et protéger les espèces menacées. Malgré les efforts entrepris par les entreprises électriques de construire et d’exploiter leurs installations dans le plus grand respect de l’environnement, des conflits entre la protection de la nature et la nécessité d’un approvisionnement en électricité sûr et efficace ne peuvent être totalement évités. Il convient dès lors d’adopter une approche pragmatique respectant le principe de proportionnalité.

«L’approche subsidiaire a fait ses preuves et doit être conservée»

Dans la pratique actuelle, l’approche subsidiaire – basée sur une directive et une bonne coordination entre les gestionnaires de réseau, les organisations de protection des oiseaux et les autorités – a fait ses preuves et doit être conservée. Ce principe de subsidiarité doit être maintenu en poursuivant le développement de la directive existante sur la protection des oiseaux et en promouvant un assainissement ciblé des pylônes dangereux. 

Il est nécessaire de pouvoir réaliser une pesée des intérêts entre la protection de la faune et de la flore et l’approvisionnement en électricité. Pour ce faire, il faut une appréciation différenciée et mesurée. Une obligation d’assainissement sans exceptions et à l’échelle nationale sur les lignes à moyenne et haute tension serait ainsi disproportionnée. 

«Les insécurités liées aux propositions de la Confédération rendraient impossible une mise en œuvre avant fin 2030»

Le durcissement et la généralisation envisagés des prescriptions relatives à la protection des oiseaux ne tiennent pas compte du fait que des solutions d’isolation techniques simples n’existent pas ou que partiellement, entraînant ainsi le risque de devoir passer par une procédure d’approbation des plans - synonyme de grandes insécurités en termes de planification, coûts et retards.  Les conséquences financières de mesures constructibles sur les lignes en l’absence de solutions techniques seraient massives et non encore estimables.

Les insécurités liées aux propositions de la Confédération rendraient impossible une mise en œuvre avant fin 2030. Un délai de mise en œuvre approprié, soit d’ici à fin 2050, devrait le cas échéant être fixé.