Nouvelle loi sur le CO2: interview avec le directeur Michael Frank

La nouvelle loi sur le CO2 a été adoptée par le Parlement - la Suisse devra réduire, d’ici 2030, ses émissions de CO2 de 50% par rapport à 1990. L'industrie électrique jouera un rôle central à cet égard. Michael Frank, directeur de VSE, répond aux questions les plus importantes.
05.10.2020

"Le secteur électrique est en pole position en ce qui concerne l'objectif climatique"

Transcription

Quelle est l’opinion de l’AES sur la nouvelle loi sur le CO2?
Nous accueillons favorablement la nouvelle loi sur le CO2, qui a pour objectif de réduire de moitié les émissions d’ici à 2030. Il s’agit d’un compromis correct et solide, tel qu’il doit se faire dans notre démocratie, à mon avis. Nous disposons d’une bonne situation de départ dans l’approvisionnement en électricité, car celui-ci est déjà pratiquement exempt de CO2. Ainsi, nous pouvons nous concentrer sur les secteurs des transports, des bâtiments, de l’industrie et de la chaleur et y réduire massivement les émissions de CO2. Avec l’hydraulique, nous disposons d’un très bon socle à cet effet.

Et le rôle du secteur électrique dans tout cela?
Le secteur électrique a bien sûr une tâche tout à fait centrale: il est en pole position, pour ainsi dire. Nous sommes dans un bon contexte de départ, car nous possédons l’hydraulique, la biomasse, l’éolien, le photovoltaïque et d’autres applications qui sont essentiels pour réduire la consommation d’énergies fossiles dans les différents secteurs que sont les transports, la chaleur, etc. L’efficacité jouera elle aussi un rôle central pour que nous puissions faire baisser, ensemble, la consommation d’énergie. Là, notre système électrique sera naturellement sur le devant de la scène.

Mais l’électricité n’est qu’une partie du système énergétique dans son ensemble...
Oui, bien entendu. Même si c’est une partie importante, nous devons réfléchir d’après un système global, en tenant compte de tous les secteurs: électricité, gaz, eau, transports, bâtiments. Ces secteurs, nous devons les rassembler, c’est-à-dire que nous devons les intégrer en un système global. Cela implique bien sûr aussi que nous intégrions les conditions-cadre, les réglementations, afin de ne pas avoir une législation séparée pour chaque secteur.

Quels sont éléments qui permettront au secteur électrique d’assumer son important rôle?
Je vois là quatre éléments différents. Premièrement, dire oui de manière plus résolue à la Stratégie énergétique 2050: c’est un des meilleurs moyens de faire face au changement climatique. Mais cela signifie aussi dire oui... qu’il ne suffit pas d’avoir un vélo, mais qu’il faut alors aussi pédaler, afin que nous puissions enfin mettre en œuvre nos projets. Deuxièmement, la sécurité d’approvisionnement: cela veut dire qu’à long terme, nous devons avoir une production renouvelable indigène suffisante, considérée dans un système global, avec les conditions-cadre appropriées... Aujourd’hui, cela n’est pas encore le cas – et nous devons améliorer cela. Troisièmement: nous avons absolument besoin d’un accord sur l’électricité. Celui-ci est essentiel pour notre économie, pour la société, pour notre système global, pour tous les secteurs, afin que nous parvenions à la stabilité du système et à la sécurité d’approvisionnement nécessaires. Il est dommage que, dans les faits, l’accord sur l’électricité soit tributaire de l’accord-cadre. Et quatrièmement, les clients: ils joueront un rôle plus central, car certains deviennent producteurs, car ils endosseront un rôle important dans la production décentralisée, mais aussi à travers l’interaction entre les clients et les EAE, afin de conserver la flexibilité, d’augmenter l’efficacité et de créer des solutions globales. Le rôle des clients dans ce contexte sera essentiel.

Article: "L’électricité – la clé de la décarbonisation"