«Le lundi, je me lève à 3h45. Après une douche rafraîchissante, je déguste mon petit-déjeuner et consulte ma boîte aux lettres électronique pour savoir ce qui s’est produit sur le réseau pendant la nuit. À 4h30, je quitte la maison et me rends en voiture à Aarau, où se trouve le centre de conduite – le siège suisse de la société nationale du réseau de transport Swissgrid. Depuis Aarau, nous surveillons et commandons la totalité de l’approvisionnement suisse en électricité – c’est pourquoi il n’est pas possible de pénétrer dans le centre de conduite sans autorisation spéciale. À l’entrée, mon badge me permet d’actionner la porte tournante; devant la salle de contrôle, je salue l’agent de sécurité avant que mon collègue de l’équipe de nuit ne m’informe des événements survenus la nuit passée.
Nous fonctionnons 24 heures sur 24, avec à chaque fois un responsable d’équipe, une personne responsable de la commande du réseau et une personne responsable du réglage du réseau et du déroulement du programme prévisionnel intra-day. La personne responsable de la commande actionne les lignes et les transformateurs de couplage, et déploie du personnel de piquet lorsqu’il y a des perturbations sur les lignes ou dans les installations de couplage. Mon collègue responsable du réglage du réseau est chargé du régleur réseau, il surveille la fréquence et la tension – et assume la responsabilité de l’échange correct d’énergie. Un deuxième centre de conduite, situé à Prilly, est également pourvu 24 heures sur 24.
Le lundi matin est généralement le jour le plus dur, car la plupart des mises hors service de lignes à haute tension et de transformateurs de couplage commencent à ce moment-là. Lors d’une conférence par Skype, à 6h15, je discute de la journée de travail avec mes collègues d’Aarau et notre centre de conduite de Prilly. Pendant la nuit, un délestage automatique a eu lieu sur la ligne à 220 kV de Bickigen-Innertkirchen 1, probablement en raison d’un front orageux. Cette ligne est toujours hors service alors que ce n’était pas prévu et doit être contrôlée visuellement par le service de piquet des lignes. De plus, il y a déjà eu beaucoup de négoce intra-day, ce à quoi on ne s’attendait pas. Ces deux éléments marquent notre conférence. Je vérifie ensuite, par des simulations sur le système de contrôle-commande, si on peut «faire circuler» le réseau dans ces conditions ou si nous devons procéder à des reports, voire peut-être à des annulations de mises hors service prévues.