Madame Brauchli, dans quelle situation le photovoltaïque se trouve-t-il en Suisse?
Il est d’ores et déjà clair que la Suisse a battu, en 2020, un nouveau record en termes de développement des capacités du photovoltaïque (PV). En Suisse, parmi les énergies renouvelables, le PV dispose, et de loin, du plus grand potentiel encore inexploité. Les Perspectives énergétiques 2050+ de la Confédération évaluent, pour 2050, la production photovoltaïque à 34 TWh. À titre de comparaison: la consommation finale d’électricité de toute la Suisse se monte actuellement à environ 55 TWh. Or, le PV n’en couvre que quelque 4%. Nous avons donc besoin de bien davantage d’ici à 2050.
Le Conseil fédéral veut maintenant déclencher ce développement massif grâce à la «loi fédérale pour un approvisionnement en électricité sûr reposant sur des énergies renouvelables». Le message à ce sujet est sur le point d’être publié. Comment cela doit-il fonctionner?
La Confédération verse des contributions d’investissement aux entreprises et aux particuliers qui installent une nouvelle installation solaire ou en agrandissent une existante. Le montant de l’encouragement varie en fonction de la capacité de rendement (kWp) et de la taille de l’installation photovoltaïque, et entend apporter une incitation attractive à investir. On peut partir du principe que cela poussera surtout à un fort développement des petites installations. L’injection et la rétribution de cette production vers le réseau sont garanties par la loi. De plus, la possibilité de consommation propre et celle de constituer un regroupement dans le cadre de la consommation propre au-delà des limites de son propre terrain représentent une option intéressante, qui deviendra probablement encore plus attractive en cas d’ouverture complète du marché. Pour les grandes installations PV, la Suisse veut renforcer la concurrence en fixant la rétribution unique via des appels d’offres. Ainsi, les producteurs qui proposent une certaine quantité d’énergie solaire au moindre prix seront ceux qui toucheront le supplément.