Le défi est de taille. Face au risque de pénurie d’électricité et à l’électrification de la mobilité, il s’agit de produire plus et plus rapidement. Les grands projets en cours rencontrent des oppositions de la part des associations écologiques en raison de la protection du paysage et de la biodiversité. Pour pallier l’urgence de la situation, il est donc nécessaire d’axer en même temps sur le milieu construit.
Les entreprises électriques innovent et travaillent sur plusieurs fronts. Le développement solaire a un haut potentiel. Il s’agit de le développer tout en adaptant le réseau à cette multitude d’apports électriques. Un enjeu pour les prochaines années.
Les options ne manquent pas: un rapide tour d’horizon de quelques infrastructures clés.
Les parkings et les stations-services
Produire là où les voitures se rechargent, cela semble évident; non seulement parce que l’électricité est utilisée en partie là où elle est produite mais aussi parce que l’attente de l’automobiliste pendant la recharge peut être valorisée. De grands chaînes de magasins exploitent déjà ce créneau et il a du potentiel: le site de Chablais Centre, par exemple, permet de produire 1,8 GWh par an avec 9487m2 de panneaux solaires.
En incitant l’automobiliste à charger devant un magasin, on l’incite à profiter du temps de l’attente pour acheter d’autres biens. C’est la raison pour laquelle les stations-services sont aussi appelées à se développer. En intégrant des bornes électriques, les sociétés pétrolières acquièrent ainsi non seulement une part de marché dans la fourniture d’électricité mais aussi dans le commerce de détail. L’électromobilité est un défi en matière de réseau et une aubaine en matière de commerce.
L’infrastructure routière
En septembre dernier, l’OFROU lance un appel à candidatures. Il s’agit d’exploiter le plus rapidement possible les surfaces disponibles le long des autoroutes et des routes nationales. Environ 350 murs anti-bruit et cent aires de repos sont concernés. Les lots attribués devront être réalisés dans les trois ans dès signature de conventions. Le potentiel du projet est évalué à 55 GWh par an.
Mais pourquoi n’exploiter que les abords des autoroutes et ne pas utiliser toute la surface en couvrant les voies? C’est le projet de la start-up EnergyPier, qui propose un concept alliant énergie photovoltaïque et éolien et qui permettrait une production annuelle de plus de 50 GWh, selon leurs estimations. Mais cette solution, qui devrait être testée à Fully, fait face à de nombreuses oppositions en raison de l’impact sur le paysage, notamment.
Il reste alors l’idée d’équiper les routes elles-mêmes de dalles photovoltaïques. Certains modèles sont déjà commercialisés mais cet équipement ne convient que pour des tracés où peu de maintenance est nécessaire.
L’infrastructure ferroviaire
L’impact sur le paysage serait restreint dans le réseau ferroviaire. Cependant, le défi est de trouver un moyen de produire de l’électricité tout en assurant que les travaux d’entretien puissent être réalisés régulièrement. La solution de Sun-Ways pallie ce problème grâce à un véhicule qui dépose ou enlève les panneaux à la chaîne en progressant sur les voies.