On a appris récemment que seules quatre des six éoliennes prévues au Grenchenberg pourront être construites. La raison? Un couple de faucons pèlerins, dont le site de nidification se trouve à quelques centaines de mètres de deux des six turbines.
Au vu du défi colossal de la décarbonisation, cette anecdote peut ressembler à une mauvaise blague. Pourtant, elle symbolise notre système juridique actuel. Celui-ci ouvre la porte à de nombreuses possibilités de s’opposer aux projets énergétiques pour les personnes concernées et les organisations habilitées à recourir. Poser des questions critiques, c’est leur droit. Or, trouver un projet exempt de tous risques ou de quelconques répercussions négatives qu’il s’agirait d’examiner semble peu vraisemblable... C’est pourquoi on ne peut pas se défaire de l’impression qu’avec le temps s’est installé un cycle bien huilé d’élaboration de la législation, d’adjudication de mandats et d’établissement d’expertises qui, par sa propre dynamique, bloque la plupart des projets pendant des années et finit par les amputer, voire les tuer carrément dans l’œuf.