Au terme de nombreuses années pénibles, la centrale de petite hydraulique de la Waldemme va enfin être réalisée. CKW (Centralschweizerische Kraftwerke) peut enfin donner le premier coup de pioche qui lance la construction de cette centrale au fil de l’eau située dans l’Entlebuch, près de Flühli (LU). Si la phase de planification et d’autorisation a duré une éternité, la durée de construction va paraître courte, en comparaison. La centrale doit être mise en service dès l’été de l’année prochaine et fournir dès lors les premiers kilowattheures pour 1500 ménages familiaux. C’est déjà ça, doit-on dire. À l’origine, la centrale hydroélectrique devait en effet alimenter 3800 ménages en courant renouvelable. Mais reprenons les choses dans l’ordre.
2008 à 2012: CKW reprend l’idée de l’UNESCO Biosphère de mettre sur pied une centrale dans l’Entlebuch et développe un projet de concession et de construction, avec une étude de l’impact sur l’environnement. L’installation de production doit fournir du courant hydraulique à 3800 ménages.
2012 à 2016: Les associations environnementales que sont Aqua Viva, la Fédération suisse de pêche et celle du canton de Lucerne, Pro Natura Suisse et Lucerne ainsi que WWF Suisse et Lucerne forment opposition contre la demande de concession et de permis de construire déposée en 2012. CKW cherche à établir le dialogue et se montre arrangeante envers la partie plaignante, notamment en augmentant le débit résiduel. C’est aussi pour cela que le canton et les communes concernées donnent le feu vert pour la centrale à CKW en 2016.
2016 à 2018: Les associations environnementales ne lâchent rien et déposent un recours administratif – avec succès. En 2018, le tribunal cantonal retire l’autorisation de concession et le permis de construire à CKW. Motif: pesée des intérêts de protection et d’utilisation insuffisante et rentabilité incertaine en raison de l’absence d’approbation pour la RPC et de l’augmentation du débit résiduel. Retour à la case départ pour le fournisseur d’énergie. Les associations plaignantes demandent même l’abandon définitif du projet.