D’ici à 2030, la vitesse de réduction des émissions doit être multipliée par trois. Il est essentiel de limiter autant que possible la bureaucratie qui entrave la transformation, et d’accélérer les procédures de planification et d’autorisation. Il s’agit de diviser au moins par deux la durée des procédures. C’est ce que stipulent l’accord de coalition du gouvernement fédéral allemand et son «bilan d’ouverture sur la protection du climat».
En Allemagne, une procédure qui dure six ans suscite déjà une grande incompréhension. Ici, en Suisse, une telle vitesse serait digne d’une médaille olympique! Dans nos contrées, des procédures de 15 ans et plus sont monnaie courante; il arrive même que le premier coup de pioche ne soit donné qu’après plus de trente ans. On ne compte plus les témoignages relatant les errements et les tourments des projets entre expertises, instances administratives et tribunaux. Dans ces conditions, les objectifs de la stratégie énergétique et climatique ne sauraient être atteints avant au moins 100 ans. Pas étonnant que le Conseil fédéral cherche à s’extirper de ce pétrin. Son projet de loi pour accélérer les procédures va dans la bonne direction. Toutefois, pour améliorer son effet sur la durée des procédures, il doit être renforcé, étendu à davantage de projets et assorti d’un caractère contraignant pour toutes les instances.