L’année 2022 et l’hiver qui s’est s’achevé ont été marqués par la crise énergétique, les augmentations parfois sévères des prix de l’électricité et le risque de pénurie d’énergie. Ces circonstances exceptionnelles n’ont toutefois rien changé à l’adhésion que suscite l’orientation actuelle de la politique énergétique, bien au contraire. La population suisse approuve clairement la voie suivie: au total, 59% des personnes interrogées sont plutôt ou tout à fait d’accord avec la politique énergétique actuellement menée par la Suisse, soit une augmentation de 3% par rapport au même sondage réalisé un an auparavant.
La politique énergétique actuelle est plébiscitée en milieu rural comme en milieu urbain, indépendamment du sexe, de l’âge et, à une exception près, de la mouvance politique. Seul l’électorat de l’UDC n’est plutôt pas d’accord ou pas du tout d’accord avec le cap suivi en matière de politique énergétique (53% de rejet).
68% des personnes sondées estiment que la transition énergétique est beaucoup trop lente en Suisse. Une majorité d’entre elles est cependant d’avis que les énergies renouvelables ne suffisent pas à couvrir les besoins en électricité (63%). Et pourtant, moins d’une personne sur deux (44%) admet qu’en interdisant la construction de nouvelles centrales nucléaires, nous limitons notre marge de manœuvre.
Miser sur les énergies renouvelables pour assurer la sécurité d’approvisionnement, l’indépendance et la protection du climat
Les résultats de l’enquête montrent que la population considère le développement des énergies renouvelables dans le pays comme la solution à différents chantiers.
- Renforcer la sécurité d’approvisionnement
La sécurité d’approvisionnement continue de bénéficier d’une priorité absolue auprès de la population. Sans changement par rapport à l’année dernière, les personnes interrogées estiment que garantir la sécurité d’approvisionnement doit être la principale mission de la politique énergétique (50%). Proposer l’électricité à un prix abordable et neutraliser l’impact climatique de sa production sont des tâches clairement secondaires, qui recueillent environ 25% d’approbation chacune. La définition des priorités diffère selon les convictions politiques: alors que pour l’électorat du centre-droit, la sécurité de l’approvisionnement prime toute autre considération, suivie de l’accessibilité des tarifs de l’électricité, l’électorat du PVL et du PS accorde une importance équivalente à la sécurité de l’approvisionnement et à une production climatiquement neutre. Seuls les électeurs et électrices verts subordonnent la sécurité d’approvisionnement à une autre tâche, en priorisant clairement une production d’électricité climatiquement neutre.
- Réduire la dépendance à l’égard des importations étrangères
Développer les énergies renouvelables pour lutter contre la dépendance énergétique vis-à-vis de l’étranger est la principale raison avancée par les personnes interrogées pour justifier leur adhésion à la voie actuellement suivie en matière de politique énergétique. 76% d’entre elles aspirent à plus d’indépendance vis-à-vis de l’étranger, avant tout pour mettre un terme à la dépendance vis-à-vis des énergies fossiles de pays non démocratiques (71%). Près de quatre personnes sondées sur cinq sont d’avis qu’il n’est pas souhaitable d’importer davantage d’électricité de l’étranger pour prévenir une pénurie d’électricité. Une nette majorité (58%) se montre également critique à l’égard des investissements réalisés à l’étranger dans le développement des énergies renouvelables.
- Protéger le climat et l’environnement
Près de quatre personnes interrogées sur cinq estiment sur le fond qu’encourager les formes d’énergie renouvelable est une manière de mettre concrètement en œuvre la protection de l’environnement. La transition énergétique ne doit cependant pas avoir carte blanche: 63% des personnes participant à l’enquête considèrent que le paysage et la nature ne doivent pas être sacrifiés sans compromis sur l’autel du développement des énergies renouvelables. 59% d’entre elles se déclarent néanmoins disposées à des concessions significatives en matière de protection de l’environnement pour servir la cause des énergies renouvelables. Une écrasante majorité (69%) se dit en outre prête à limiter les possibilités de recours dans le domaine de l’énergie afin d’accélérer le développement de nouvelles infrastructures énergétiques. Nombreuses sont également les personnes (57%) qui pensent que si nous ne passons pas immédiatement aux énergies renouvelables, la catastrophe climatique est inévitable.