Quel cap pour le voyage de politique énergétique ?
Le débat, animé par Bernard Wuthrich, responsable politique fédérale à Le Temps, a été évidemment l’occasion de revenir sur le rejet de la loi sur le CO2 et l'abandon de l'accord-cadre, en passant par la question de comment garantir maintenant la sécurité d’approvisionnement. Se sont prêtés au jeu de la table ronde: Isabelle Chevalley (conseillère nationale, PVL/VD), Delphine Klopfenstein Broggini (conseillère nationale, Les Verts/GE) et Pierre-André Page (conseiller national, UDC/FR).
Pour l’élue verte, le rejet de la Loi sur le CO2 ne peut pas être imputé au fait que le paquet était trop grand. Aux yeux de cette dernière, le projet n’allait même pas assez loin au regard de l’enjeu. De l’avis de la Verte-libérale, le système de taxes et de redistribution n’a pas été compris. Par contre, de relever que les objectifs sont là et incontestés. Il s’agit à présent de saisir la chance de choisir un autre chemin. Et pour l’élu UDC, grand vainqueur de la votation du mois de juin dernier, il faut absolument viser le meilleur auto-approvisionnement possible. Soutenant la Stratégie énergétique 2050, il est convaincu qu’il y a possibilité de travailler ensemble – tous acteurs confondus – à aller dans la même direction.
Les trois parlementaires sont convaincus de la nécessité de fixer rapidement un cadre législatif. Ce dernier doit être contraignant pour Delphine Klopfenstein Broggini. Au contraire, pour Isabelle Chevalley, il vaut mieux convaincre les gens et leur donner envie de participer, plutôt que de les contraindre. Pierre-André Page, quant à lui, défend également une politique incitative, couplée à la technologie et à l’innovation (avec le potentiel de l’hydrogène, par exemple). A Lausanne, il a également souligné l’importance de donner le temps à la population et aux entreprises de faire les choses bien.
La sécurité de l’approvisionnement en électricité pour la période critique de l’hiver pourra seulement être garantie, selon Isabelle Chevalley, en développant toutes les énergies renouvelables. La conseillère nationale envisage même de faire appel au gaz, tant la situation durant l’hiver lui semble critique dans le futur. Sa crainte du Blackout est partagée par Pierre-André Page. Ce dernier a même poussé la réflexion jusqu’au prolongement éventuel de l’activité de certaines centrales nucléaires. Les trois invités étaient convaincus du fait que la sécurité d’approvisionnement passe évidemment par le développement des énergies renouvelables. Si Isabelle Chevalley en a appelé à procéder à une pesée des intérêts qui accorderait la priorité à l’intérêt national, plutôt qu’individuel, Delphine Klopfenstein Broggini a refusé catégoriquement que cela se fasse au détriment de la biodiversité et du paysage. Cette dernière a insisté à maintes reprises sur un autre aspect indispensable et incontournable de la transition énergétique: l’efficience et la sobriété énergétique.