Politique énergétique: tour d’horizon

Comment financer les investissements par le marché ? Un accord avec l’UE sur l’électricité est-il nécessaire ? La sécurité d’approvisionnement, la mobilité électrique, l’efficacité énergétique, la décarbonisation et l’ouverture du marché étaient au cœur des discussions lors de la manifestation « Thèmes-clés de la politique énergétique » le 15 novembre à Lausanne.


Dans son introduction, Michael Wider, président de l’AES, a parlé du défi que représente la décarbonisation et de l’impact que celle-ci aura sur la disponibilité de capacités assurées de production d’électricité, à base de charbon notamment, dans les pays qui entourent la Suisse. Dominique Martin, responsable des Affaires publiques de l’AES, a résumé les différents dossiers politiques qui occupent la branche actuellement. Pascal Previdoli directeur suppléant de l’OFEN, a présenté l’état des lieux de la Stratégie Réseaux électriques, de la révision de la LApEl et du modèle de marché. Jean-Christophe Füeg, chef des Affaires internationales de l’OFEN, a parlé du Clean Energy Package de l’UE et de ses implications pour la Suisse.

 
 
 


Le thème de l’ouverture du marché a été abordé à plusieurs reprises lors de la manifestation. La contradiction visant à introduire une ouverture du marché tout en imposant un produit et des tarifs régulés a été relevée par plusieurs participants. Pour l’OFEN, il s’agit de trouver l’équilibre entre le marché et la sécurité pour le petit consommateur. Animées par Bernard Wuthrich, journaliste responsable politique fédérale Le Temps, deux discussions ont rassemblé, d’une part, Philippe Cordonier, responsable Suisse romande de Swissmem, et Michael Frank, directeur de l’AES, et d’autre part, les conseillers nationaux Benoît Genecand et Roger Nordmann.

 
 


Pour Swissmem, l’association faîtière de l’industrie suisse des machines qui exporte trois fois plus que l’industrie horlogère, un accord cadre institutionnel entre la Suisse et l’UE est absolument indispensable ; c’est une question de survie. Philippe Cordonier, son directeur romand, a souligné l’importance pour ses entreprises membres d’avoir un accès au marché européen, l’accès à de la main d’oeuvre qualifiée, une sécurité d’approvisionnement optimale pour la production ainsi que l’égalité de traitement en matière de tarifs entre les petites et les grandes entreprises.


Tout aussi présent était le thème de la décarbonisation. Selon Michael Frank, il ne faut pas forcément augmenter la taxe sur le CO2, mais développer davantage les initiatives telles que les conventions d’objectifs de l’AEnEC. Les économies de CO2 doivent devenir rentables. Il y a également beaucoup de potentiel dans le secteur des transports et de l’agriculture.