L’IFSN redéfinit les hypothèses de risques pour les évènements météorologiques extrêmes

Dans le cadre de la vérification des analyses de risques remises par les centrales nucléaires, l’IFSN a redéfini les hypothèses de risques pour différents événements météorologiques extrêmes.
14.07.2022

Il s'agit d'un communiqué de presse de l'IFSN, qui ne reflète pas forcément l'opinion de l'AES.

 

Les centrales nucléaires doivent être protégées contre des conditions météorologiques extrêmes, c’est-à-dire contre des vents extrêmes, des tornades, des températures élevées et basses de l’air et des rivières, contre des fortes pluies, contre le poids de la neige et la grêle. Les hypothèses de risques sous-jacentes doivent être régulièrement révisées.

En 2015, l’IFSN avait exigé en dernier lieu la révision des analyses de risques liées aux conditions météorologiques extrêmes pour les sites des centrales nucléaires de Beznau (CNB), Gösgen (CNG), Leibstadt (CNL) et Mühleberg (CNM). Les exploitants des centrales nucléaires ont soumis les analyses à l’IFSN pour vérification. L’IFSN vient d’achever la vérification des analyses et a redéfini, sur cette base, ainsi que sur celle d’autres analyses, les hypothèses de risques pour les justificatifs de sécurité de la catégorie de défaillance 3 (correspondant à un évènement survenant tous les 10’000 ans).

Nouvelles hypothèses de risques

*  Du point de vue de l’IFSN, les hauteurs de précipitations sur une durée de deux heures sont les plus représentatives des charges possibles de fortes pluies sur l’installation. Pour cette durée, on suppose que la phase de pluie la plus intense est prise en compte et qu’après deux heures, des contre-mesures efficaces peuvent être appliquées.

** Les différences de valeurs entre les centrales nucléaires concernant la « température élevée de l’air » et les « pluies fortes » résultent notamment de la prise en compte du changement climatique pendant la période jusqu’à la suppression du combustible.

Nouvelles connaissances intégrées dans les hypothèses de risques

Depuis la remise des analyses de risques par les sociétés exploitantes des centrales nucléaires, de nouvelles bases de calcul sont apparues, notamment en ce qui concerne le changement climatique. L’IFSN a tenu compte de ces nouvelles connaissances lors de la définition des hypothèses de risques et a fixé des valeurs en partie plus sévères que les hypothèses de risques en vigueur jusqu’à présent. Pour les hypothèses de risque concernant les « pluies fortes », l’IFSN a utilisé les résultats du projet EXAR. Dans le cadre du projet EXAR, des données météorologiques ont été simulées sur une durée de près de 300’000 ans. Du point de vue de l’IFSN, ces données constituent une bonne base pour la détermination quantitative du danger lié aux précipitations.

L’IFSN exige une actualisation des études sur les évènements météorologiques extrêmes

L’état de la science et de la technique évolue constamment. Les hypothèses de risques liées aux conditions météorologiques extrêmes doivent donc être régulièrement révisées. En vue de la prochaine révision des hypothèses de risques, l’IFSN a identifié des points d’amélioration que les centrales nucléaires doivent prendre en compte lors de la révision de leurs analyses de risques. Ceux-ci concernent notamment :

  • la collecte de données davantage récentes,
  • le recensement ainsi que la prise en compte de certains phénomènes météorologiques qui, bien que connus, ne figurent pas dans le jeu de données,
  • l’examen de l’existence de résultats plus récents concernant le changement climatique pour la Suisse,
  • ainsi que l’amélioration de la documentation.

Comme la centrale nucléaire de Mühleberg est arrêtée depuis fin 2019 et que sa chaleur résiduelle est fortement réduite, l’IFSN ne voit pas la nécessité d’actualiser son analyse des risques.

Les centrales nucléaires doivent aussi actualiser leurs justificatifs de sécurité

En plus des analyses de risques, les centrales nucléaires de Beznau, Gösgen et Leibstadt doivent également réviser leurs justificatifs de sécurité. La dernière fois, les sociétés exploitantes des centrales nucléaires avaient pu prouver qu’elles étaient sûres par rapport aux hypothèses de risques définies en 2015. Les nouvelles hypothèses de risques ont été revues à la hausse, notamment en ce qui concerne les températures élevées de l’air et les tornades.

Dangers et délais de mise en œuvre des mesures

Les différents phénomènes dangereux peuvent être répartis en trois groupes en fonction de leur délai d’apparition et de leur durée d’action sur l’installation.

  • Les phénomènes dangereux immédiats (instantanés) tels que le vent, les tornades, les fortes pluies et la grêle doivent être maîtrisés à l’aide des systèmes, structures et composants installés à demeure dans les centrales nucléaires, car le temps à disposition ne permet de mettre en place d’autres mesures que de manière limitée.
  • Des phénomènes dangereux tels que les températures extrêmes de l’air et les chutes de neige n’ont généralement d’effet complet sur l’installation nucléaire qu’après plusieurs heures ou jours. Mais à l’inverse, leur durée de perturbation est généralement plus longue que celle des phénomènes dangereux survenant immédiatement. Pendant ce délai plus long, des mesures efficaces peuvent être prises pour maîtriser ces dangers. Par exemple, l’IFSN estime qu’il est admissible, en cas de chutes de neige extrêmes durant plusieurs jours, de créditer dans les justificatifs de sécurité des mesures visant à réduire la charge de neige sur les bâtiments ou de supposer une réduction de la puissance de l’installation en cas de températures élevées.
  • Les phénomènes dangereux tels que des températures extrêmes de l’eau de rivière s’annoncent sur des périodes encore plus longues, de sorte que d’autres mesures efficaces peuvent être prises. Les fenêtres de temps disponibles sont suffisamment grandes pour que l’installation puisse être arrêtée à temps à titre préventif.